© 2018 Nicolas Pagès

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Chimiothéravie

 

David Bolon, la trentaine, a appris en février 2011 qu’il souffrait d'une maladie appelée maladie de Hodgkin (cancer), un lymphome avec diffusion osseuse diagnostiquée au stade 4/4. Sa première réaction après quelques minutes d'abattement a été de partir au combat et ensuite de préparer sa « contre-attaque ».

Sa cousine Angélique ayant des connaissances dans le milieu de la photographie sur Toulouse, il lui a alors demandé de lui présenter un photographe intéressé pour capter son image. Leur choix s’est porté sur moi. Après avoir échangé avec lui, j’ai accepté en lui proposant un scénario qu’il a immédiatement validé, un scénario plutôt osé puisqu’il s’agissait de faire un pied de nez au cancer et à la mort.

« Pourquoi cette séance ? J'ai pu constater de l'intérieur l'énorme fossé existant entre la réalité, les faits, et la vision des choses qu’ont les gens. Au cinéma ou dans les téléfilms par exemple une personne comme moi faisant une chimio lourde a entre 0,5 et 1% de chances de survie alors que dans la réalité, le concernant, le pourcentage de guérison totale est de 72%, et lorsque le traitement s'est bien passé (ce qui a été mon cas) le pourcentage grimpe au-delà de 95%.... et ce n'est qu'un exemple parmi d'autres. Disons que les défaites sont beaucoup plus visibles que les victoires, pourtant les victoires sont plus fréquentes que les défaites, et souvent partant de cet état de fait (cancer = mort) certains malades baissent les bras trop vite et perdent leur combat. Il faut se moquer du Cancer, ne pas lui laisser la moindre chance, se battre bec et ongle le plus férocement possible et avec de l'arrogance et de la sournoiserie. Il faut être le cancer de son propre cancer.

Par cette séance photo, nous confrontons la réalité brute du parcours d'un malade à l'idée que se fait la majorité des gens. Ces deux réalités peuvent cohabiter au début car relativement semblables mais finissent par s'entrechoquer violemment sur le final, trop différentes pour pouvoir cohabiter, donnant ainsi une situation que nous pouvons qualifier de surnaturelle » (David).