© 2018 Nicolas Pagès

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Au regard de nos expressions

 

Comme son titre l’indique, « Au regard de nos expressions » est un travail photographique sur NOS expressions de tous les jours, celles de la vie, comme la joie, la tristesse, la colère pour ne citer qu’elles, celles qui nous parlent, qui nous marquent, qui nous émeuvent. Tout simplement parce qu’elles sont réelles, parce qu’elles sont entières, parce qu’elles sont authentiques.

Cette série tourne autours de 4 expressions : celle autour de la grimace amenant au rire et celle de la colère amenant aux pleurs.

Les prises de vues concernant les grimaces et les rires étaient évidemment les plus faciles. Quoi de plus simple de faire une belle grimace, qui par la suite amène naturellement au sourire ou au rire.

Pour la colère et les pleurs, ce ne fut pas si simple. Pour chaque personne photographiée, un certain conditionnement leur était indispensable.

Pour la colère, l’objectif était de voir une certaine haine, qu’elle soit palpable à l’œil de ceux qui regarderont le cliché. Beaucoup ont sorti les tripes pour aller chercher cette colère au fond d’eux. Ils criaient, insultaient, rugissaient, se vidaient… Le résultat fut souvent saisissant.

Concernant les pleurs, la moitié des personnes photographiées a réussi à pleurer réellement. Là, le conditionnement était encore plus difficile, pleurer étant un acte vraiment intime. Il était nécessaire que chaque volontaire fasse le vide dans sa tête, fasse abstraction à ma présence, à celui de l’appareil photo, aux éclairages. Je laissais le temps nécessaire à chacun pour se conditionner. Certains avaient besoin de s’isoler plus ou moins longuement, d’autres avaient besoin de discuter…, chacun ayant ses propres blessures actuelles ou du passé, refermées ou pas. Lorsque les larmes arrivaient, ils se positionnaient et ne devaient pas quitter du regard mon objectif, tout en pleurant, parfois à chaude larme, en lâchant prise.

En étant devant eux, déclenchant à chaque fois que j’estimais attraper la bonne expression, je peux assurer que l’émotion passait, était présente. Je la ressentais vivement.

Pour beaucoup, ce fut une séance éprouvante mais ils en étaient fiers et notamment d’avoir réussi. Cela leur avait fait énormément de bien à l’arrivée de se lâcher autant, rapprochant cela à une séance thérapeutique, où confiance, confidences et lâcher-prise en était la recette.